Innovation et compétitivité des PME, une chance de survie conditionnée en temps de crise (02/10/2012)

Par Aline NOGARET -

En période de difficultés économiques, s’enfermer dans la morosité et l’attentisme est une attitude  répandue. Des économistes de renom  se sont penchés sur la corrélation entre l’incertitude et l'aversion au risque : deux dimensions structurantes de la décision d’investir ou non en Entreprise. Il est admis désormais que l'incertitude sur les états futurs conduit à restreindre l'investissement (Caballero 1991 ; Abel et Eberly 1994).

Et pourtant, l’innovation reste l’un des moteurs clé au cœur de l’avantage concurrentiel. Les études entreprises par l’institut PIMS dans les années 70 aux Etats-Unis ont montré clairement que, même en temps de crise, l’innovation n’est pas une option : elle est vectrice de différenciation des entreprises, y compris au niveau des PME.

La crise entraîne la rupture, provoque un bouleversement des positions acquises. Elle ouvre donc une fenêtre d’opportunité pour le changement. C’est dans les phases difficiles que les véritables leviers du succès se dégagent, même si le retour sur investissement est loin d’être immédiat. En toutes circonstances, patience et obstination sont requises. 

Le succès sourit donc aux plus volontaires qui maintiennent leurs investissements au plus fort des pics de crise. Selon l’institut PIMS, ces entreprises plus audacieuses acquièrent des points supplémentaires de domination du marché, une fois passé le coup de grisou. Les résultats n’interviendront aucunement dans le court terme et, c’est bien là la réelle difficulté pour les innovateurs : il devront démontrer aux dirigeants – eux-mêmes pressurisés par les tensions à court terme – que les budgets doivent être maintenus et non coupés.

L’innovation peut placer l’entreprise en position quasi monopolistique pour une durée plus ou moins longue. Cependant, même si l’innovation devient de plus en plus une activité récurrente et stratégique, il n’en demeure pas moins une part d’incertitude et de peur face au court terme, pour de nombreuses entreprises. Confrontées dans leur croissance à un environnement externe et interne incertain, bon nombre de PME sont indécises et s’interrogent. 

En nous appuyant sur le management de l’innovation, nous allons tenter de répondre modestement à certaines de vos questions sur les conditions nécessaires et favorables à l’innovation dans l’Entreprise. Il semble tout de même que si l’on devait donner un seul conseil, ce serait « Mettez vous en mouvement ».
 
La crise provoque un mouvement général, systémique, de plus grande ampleur que les croissances les plus fortes ; la seule façon d’en sortir est de bouger encore plus vite, en pensant autrement, en agissant différemment. 

En priorité, l’innovation en Entreprise commande une remise en cause et une acceptation d’une conduite du changement.

On trouvera sur le Web une foule de conseils pour résister à la crise et conduire le changement, certains frisant la caricature du consultant expert.

 

Nous nous contenterons de rappeler ces 5 principes de base :

1 - Le management nécessite  une vision avec un dessein assigné à l’entreprise. Une vision est axée sur l’avenir, sur un idéal à atteindre. La vision doit être une source d’inspiration ; elle indique ce à quoi l’entreprise aspire, alors qu’une mission est ce qui doit être concrètement  accompli.

 

2 - L’innovation engendre dans 8 cas sur 10 une transformation organisationnelle pour favoriser les échanges inter-équipes et ouvrir vers de la créativité, difficilement accessibles spontanément à tout type d’entreprise.

 

3 - Les enjeux d'un management performant de l'innovation dans l'entreprise ne relèvent pas uniquement du choix d'une structure organisationnelle et de gouvernance adaptée, mais également de la gestion des hommes.

Dans les PME/PMI/ETI, l'Entrepreneur joue un rôle moteur essentiel car la création de l'entreprise repose souvent sur une innovation de son initiative.
En revanche, dans les grandes entreprises, les entrepreneurs ont été remplacés par des gestionnaires n'ayant pas nécessairement une culture de risque, ce qui peut freiner l'innovation. La direction générale de l'entreprise a alors un rôle fondamental à jouer pour mobiliser et impliquer l'ensemble du personnel à tous les niveaux de la hiérarchie, en facilitant le passage d'une logique de planification à une logique d'intrapreneur.

 

4 - Les innovations radicales exigent de la part de ceux qui en sont à l'origine une capacité à convaincre leur hiérarchie et à s'imposer.  

 

5 - L’innovation ne peut se réaliser en vase clos dans l’Entreprise et sur la base exclusive de conseils d’experts et de techniciens. En majeur, il s’agit de tenir compte de la demande, des attentes des consommateurs, des patients en quête d’informations claires et validées mais aussi des distributeurs et de tous les partenaires de l’entreprise.  


Pour conclure, et vous l’aurez compris, l’Innovation ne vise pas, dans un premier temps, à «  vendre », mais à créer une RELATION FORTE inter-équipes en interne tout d’abord, puis ensuite en Relation Client sur le mode «  je vous ai compris et je suis en recherche de réponses exactement adaptées à vos préoccupations ».
 
En période de récession, il convient en plus d’être astucieux dans ses forces de proposition et son mode opératoire. C’est peut-être le bon moment de remettre en question vos produits et de rationaliser votre offre, vos méthodes de production en tendant vers une moindre consommation d’énergie, vos systèmes d’information par leur décentralisation, vos méthodes de management par le développement de l’agilité … en un mot votre cadre de pensées.

 


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